Je n’étais jamais allé à Capraia. À vrai dire, sur les dix excursionnistes au départ de Macinaghju ce matin de juillet, personne n’était jamais allé à Capraia.  Un café avant le départ à l’entrée du port juste avant de rejoindre la billetterie de la compagnie San Paulu. À notre arrivée, Léa et Sylvain nous accueillent chaleureusement. « Je vous ai mis une glacière avec des boissons fraîches » glisse Léa alors que nous sommes confortablement installés sur un semi-rigide. « Bonjour, je m’appelle Jacques » annonce le capitaine, nous expliquant notre programme de la journée et faisant les premières manœuvres pour quitter le joli port.

La traversée dure environ une heure. En nous rapprochant de Capraia, les contours se dessinent peu à peu. Des pentes abruptes ne laissent jamais entrevoir l’intérieur de cette île mystérieuse. Une première halte devant une falaise rouge d’un côté, blanche de l’autre. Nous sommes bien sur une île d’origine volcanique. Le contraste est saisissant. Chacun s’émerveille. Les couleurs ne cesseront de nous surprendre durant toute la journée.

Au détour d’un dernier rocher surgit le Forte di San Giorgio. Plus bas, côté mer on aperçoit quelques baigneurs à la Torretta del Bagno. Soudain, le port de Capraia apparaît. Plusieurs maisons colorées parfaitement alignées font face aux bateaux des plaisanciers.

Arrivés sur le quai, à son ambiance si particulière nous reconnûmes l’Italie. J’avais un contact que je me suis empressé d’appeler. « Pronto Fabio. Siamo arrivati davanti alla gelateria ». Fabio fut notre cicérone une bonne partie de la journée et nous fît visiter des églises, des expositions ou encore la bibliothèque de Capraia installée dans une tour. Nous partîmes rapidement du port vers le village à bord du bus. « Ce n’est qu’à 20 minutes à pied » dit Fabio « mais avec cette chaleur, il vaut mieux prendre le bus ».

Le village est pittoresque, entièrement dallé. Les portes sont colorées et remplies de détails insolites. Quelques échoppes, deux ou trois restaurants et nous voici près du Forte di San Giorgio.

En redescendant, Fabio nous présente à la maire de Capraia, la Signora Bessi. « Vous venez de Corse. Je ne peux m’empêcher d’avoir des frissons lorsque j’évoque la Corse. Nous considérons cette île comme « la nostra mamma ». Nous avons des amitiés sincères et profondes avec beaucoup d’entre vous. Lorsque j’entends parler corse, je me revois, petite, écoutant ma mère parler un petit peu notre dialecte. » Il faut dire que le dialecte est quasiment similaire à la langue corse.

Il est midi. Nous sommes tout proche d’un foodtruck assez insolite face au forte di San Giorgio et au village sur la droite. Des salades de calamars, des calamars frits ou des paninis : nous décidons de déjeuner à cet endroit qui se situe juste à côté du couvent Sant’Antonio. Vous avez des « crodino » ? demande Claudia à la serveuse, nous expliquant qu’il s’agit d’une boisson amère. Nicolas, passionné d’histoire nous raconta que 400 corses firent le siège en 1767 en s’installant au couvent Sant’Antonio situé sur notre gauche. Nous conversons sur le tourisme, l’environnement, la culture. La dame du foodtruck m’interpelle : « Volete un gelato ? » Comment refuser une bonne glace italienne ? Après tout, nous sommes en Italie pour quelques heures et je compte bien en profiter.

Après cette pause délicieuse nous rejoignons le port et discutons avec des habitants. Une habitante croisée le matin dans le bus nous reconnaît et nous salue sur notre passage.

Jacques prépare le bateau. Il est temps de quitter le port et de faire le tour de l’île. Notre capitaine nous rapproche de plusieurs grottes. Les contrastes sont admirables. Plus loin, Jacques nous accorde un temps pour une baignade rafraîchissante. Il est temps de regagner l’île de Corse et de dire au revoir à sa petite soeur. Cette escapade en Italie pour quelques heures constitue une belle offre dont il ne faut absolument pas se priver en venant dans le Cap Corse.

Infos pratiques :

Compagnie San Paulu 

Visit Capraia 

Activités nautiques 

Article rédigé par PS